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divendres, 10 de juny de 2016

A los franceses les gusta jugar a la Revolución


GUY SORMAN.- La tentation révolutionnaire reste une constante politique et culturelle dans la France contemporaine. Seules des minorités actives, syndicats et enseignants trotskystes, se livrent à des actes de violence, mais les sondages nous apprennent que 60% des Français estiment légitime cette résistance à une modeste libéralisation du marché du travail proposée par le gouvernement de François Hollande. Cette mini révolution de 2016 n’oppose pas la droite conservatrice à une gauche ouvriériste, comme en 1848, mais une gauche en voie de réconciliation avec l’économie réelle contre une gauche utopique, anticapitaliste et hostile à toute réforme perçue comme une “américanisation” de la société française. Au cours des siècles, les partis en présence et les arguments évoluent, mais l’idée même de révolution reste immuable et plutôt respectable : ce qui est unique à la France.

Cette singularité s’explique par la glorification de la Révolution de 1789, considérée comme fondatrice de la France moderne. Incessamment célébrée, jamais disputée, enseignée à tous comme unique et parfaite, la Révolution est propagée comme forcément positive. Qu’elle ait débouché sur la Terreur, dès octobre 1789, des massacres de masse en 1793 puis la dictature de Napoléon, peu importe ! Ce ne furent, nous enseigne-t-on dès l’école, que des accidents de parcours. “La Révolution est un bloc”, a déclaré Georges Clemenceau, journaliste et homme d’Etat, dans un célèbre discours électoral de 1891. Il fallut attendre l’historien François Furet, Professeur à Paris et Chicago, auteur de Penser la Révolution française, 1978, pour distinguer entre les deux Révolutions françaises, celle de 1789, d’essence libérale et celle de 1793, totalitaire. Mais cette distinction subtile, bien qu’adoptée aujourd’hui par la plupart des historiens, n’a guère affecté le sentiment populaire favorable à “la Révolution en bloc”. Ainsi, tout parti, tout mouvement social ou intellectuel qui se réclame de la Révolution, se pare automatiquement d’une sorte de légitimité historique incontestable. Les Communistes français avaient compris cela dès la création de leur parti en 1920, toujours vivace, ce qui est une exception en Europe, en se réclamant non pas de Lénine mais des Jacobins de 1793 et des Communards parisiens de 1871. La rhétorique des Communistes et des Trotskystes, depuis bientôt un siècle, est qu’ils sont les héritiers et les continuateurs de la Révolution française, enracinés dans l’histoire longue d’une France immuable. En 1981, j’ai souvenir que François Mitterrand, tout juste élu Président avec le soutien du Parti communiste, expliquait à ses interlocuteurs des milieux intellectuels, qu’il allait parachever l’œuvre de la Révolution, initiée en 1789 mais qui restait à compléter. Ce qui se traduisit alors par une campagne d’opprobre contre les “riches” et la confiscation par l’Etat de toutes les grandes entreprises. En 1986, elles furent restituées par le gouvernement de Jacques Chirac à leurs propriétaires.
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